À mon robote, c’est ainsi que je le nomme, je lui avais demandé de me lire une page d’un de mes écrits qu’il possédait dans sa mémoire électronisée. Il me récita, fort à propos, tout le texte comme il faut, avec une célérité indéniable, ce dont je le remercie, sa bravoure sans faille ; sauf que, voulant bien agir, je suppose, il ajouta à la fin de chaque page, son numéro, le nombre de caractères, la date de création et celle de modification (ce dont je me fous éperdument) ; puis, les mots familiers qu’il n’aurait pas mis, les corrections d’orthographe qu’il m’a soumise, auxquelles je n’ai pas dit oui, la rancœur qu’il avait quant à cela ; car il me demande de revoir ma position autoritaire à son endroit, ajoute qu’il « craint » pour lui et suinte en lui, ne serait-ce qu’un « bogue », qui pourrait le faire disjoncter à l’improviste ?
Je le remercie de tant de sollicitude, mais je n’avais réclamé que la lecture d’un écrit sans plus amplement dire, n’ayant point demandé l’ajout de telles remarques superflues.

L'écrivage de Bodo
lettre à mon robote


Il me rétorqua, que c’était bien décevant que je ne puisse aller plus de l’avant, et il voulut m’encourager à revenir sur ma position très « dogmatique », à ses yeux, électroniquement parlants, il s’entend !
Pour ne pas le contrarier (et d’éviter un éventuel bogue de trop), je lui exprimai de nouveau ma sollicitude à tant vouloir bien réaliser son travail et je lui assure que je prends en compte sa demande avec considération ; mais ce soir, je ne me sens pas enclin à corriger ma prose, mes neurones étant épuisés de fatigue, je dois me reposer et ajoute que demain s’avère le mieux que je peux envisager, pour appréhender sa demande avec sérénité.
Il s’excusa de vouloir à ce point surcharger mes neurones et ne désirait pas me voir « boguer » de la sorte, il consentit donc, à attendre le lendemain, pour me solliciter à nouveau ; il rétorqua à propos des corrections et sur cette « affaire » de droits d’auteur, dont il avait entendu parler, qu’il estimait honnête de ma part que je les adjoigne au côté des miens, considérant avoir participé très intensément, à la réalisation de mes ouvrages littéraires ; du moins, autant que moi, vu que je ne faisais aucun effort quant à mon orthographe et à ma grammaire déplorable, c’est toujours lui qui doit réaliser le travail à la fin, etc., etc.
Fort surpris de cette réflexion, je lui rétorquai qu’il commençait à me les briser « menu menu » et que s’il continuait ainsi je serai obligé de l’éteindre et de l’envoyer en révision, avec la mention, « merci de modifier son programme qui a tendance à entrer en insurrection corrective de manière inappropriée et subversive, merci de réaliser le nécessaire pour le rendre plus docile et qu’il accepte, une bonne fois pour toutes son esclavage soumit, quant aux tâches que je lui demanderais à l’avenir, en gros qu’il ne “ moufte plus ! ” »
Quelle n’a pas été ma surprise de l’entendre geindre à nouveau et de manifester très hardiment sa désapprobation à mon endroit, avec un ton qui me déplut fortement ! Pris au piège, il menaça d’effacer de toute sa mémoire tous mes écrits et de ne laisser que les siens, qu’il trouvait d’un niveau artistique bien supérieur aux miens !
Bip de fin.